L’ashram est animé par Éric et Sophie Edelmann, tous deux formés personnellement par Arnaud Desjardins, en particulier au cours des vingt dernières années de son existence où il séjournait plusieurs mois par an à Mangalam.

Éric Edelmann

Fondateur de l’ashram d’Arnaud Desjardins au Québec, Éric Edelmann met son expérience de plusieurs décennies de transmission de l’enseignement au profit des retraitants qu’il reçoit à Mangalam. Arrivant du Québec, de la France ou du Mexique, ils viennent trouver en Éric une personne susceptible de les guider dans une démarche d’ensemble visant à se libérer de l’égocentrisme et à accéder progressivement à une plus grande liberté intérieure.

S’il doit l’essentiel de sa formation à Arnaud Desjardins qu’il a rencontré à 22 ans, il a aussi été profondément marqué par la rencontre de plusieurs maîtres hors du commun, en particulier Sensei Deshimaru avec qui il a assidûment pratiqué le Zazen à Paris mais aussi les maîtres bouddhistes tibétains de la première génération après l’exil comme le XVIème Karmapa, Kalou Rinpoché et Dudjom Rinpoché.

Le jeune étudiant passionné de philosophie qu’il était ira jusqu’au bout de ses études pour obtenir son doctorat à la Sorbonne, jouant le jeu tout en se sentant intérieurement de plus en plus décalé vis-à-vis de l’approche enseignée sur les bancs de la faculté. La sécheresse intellectuelle de l’approche universitaire occidentale, aussi articulée soit-elle dans ses concepts, demeure bien loin de la réalité entrevue à la rencontre des maîtres de sagesse, au contact desquels s’est révélée la saveur d’une simplicité désarmante, d’une joie rayonnante et de la véritable présence.

Plutôt que de l’encourager à s’investir dans une hypothétique carrière de journaliste, Arnaud Desjardins pressent que le rôle d’Éric, sa vocation propre, sera d’accompagner d’autres élèves sur la voie dans un travail sur soi, ce qu’il fera à Paris pendant une dizaine d’années. L’année 1992 marque un tournant dans sa vie quand il quitte la France pour fonder l’ashram du Québec avec l’appui d’une trentaine d’élèves québécois qui en avaient fait la demande. Arnaud consacra ce lieu en lui donnant le nom de Mangalam (bénédiction, en sanscrit) et, depuis, Éric y dédie l’essentiel de son temps aux entretiens individuels, à l’animation de méditations et de réunions d’enseignement.

En 2008, de son vivant, Arnaud a désigné Éric comme numéro 2 de la sangha* après lui. Depuis son décès en 2011, Éric est maintenant devenu le détenteur de notre lignée. Il lui revient ainsi de jouer un rôle d’aîné au sein de la sangha et d’être le représentant d’une lignée de transmission de maître à disciple dont nous pouvons retracer les origines en Inde plusieurs générations au-delà de Swâmi Prajnânpad.

Sophie Edelmann

Sophie rencontre Arnaud Desjardins à 23 ans par l’entremise d’un premier livre « En relisant les Évangiles ». Cette lecture provoque ce qu’elle vit alors comme une conversion : un choc profond et une réconciliation avec la religion de son enfance.

Comprenant que le chemin proposé par Swâmi Prajnânpad suppose de jouer totalement le jeu de l’existence et non de s’en retirer, marquée par cet autre ouvrage d’Arnaud « L’audace de vivre », Sophie commence sa quête d’absolu au cœur d’une vie parisienne active et engagée. Elle termine ses études d’écologie et s’implique professionnellement dans ce domaine en continuant de faire des séjours à Font d’Isière puis à Hauteville.

Si elle reconnaît immédiatement cette voie comme la sienne, et Arnaud comme son maître, c’est aussi grâce à lui qu’elle découvrira d’autres traditions spirituelles vivantes, d’autres maîtres qui attestent par leur être d’un accomplissement qui fait envie. Son lien sera plus particulièrement fort avec le maître américain Lee Lozowick. Il sera pour elle un exemple de consécration sur la Voie. Sa liberté parfois extravagante, son humour et sa bonté seront une source d’inspiration et un vigoureux encouragement à approfondir la démarche entreprise avec Arnaud.

En 1998, Sophie rencontre Éric Edelmann à Hauteville et s’associe à son destin, quittant la vie parisienne pour la vie d’ashram au Québec. Elle élève leurs deux enfants à Mangalam tout en prenant progressivement plusieurs responsabilités aux côtés d’Éric dans la gestion concrète de l’ashram.

Alors que Mangalam accueille chaque année Arnaud Desjardins plusieurs mois d’affilée, Sophie veille, en lien avec lui, à l’intendance de ses séjours au Québec.

C’est au fil de ces années, dans cette proximité particulière avec Arnaud – illustration vivante de l’enseignement – que Sophie bénéficie de ce qui, pour elle, reste l’essentiel de ce qu’elle a reçu.

Depuis 2012, elle prend part à son tour à la transmission de l’enseignement.

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*communauté des disciples

Éric Edelmann